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Les actions en cours

Les TIC polluantes
publié le lundi 18 juillet 2005 par Djakoni

NTBF a animé un stand samedi 2 juillet dans le cadre du festival Changeons d’air organisé à Triel par l’association Energies Solidaires.

Un festival pour changer d’air : une bonne prise de conscience !

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Festival Changeons d’air 2005
Energies Solidaires

C’était l’occasion d’investiguer sur les conséquences parfois désastreuses que peuvent avoir les Technologies de l’Information et la Communication sur l’environnement. En effet, en matière de pollution, les TIC ont des effets néfastes à de nombreux niveaux !

« Quand l’homme aura coupé le dernier arbre, pollué la dernière goutte d’eau, tué le dernier animal et pêché le dernier poisson, alors il se rendra compte que l’argent n’est pas comestible » (proverbe indien)

Des habitudes à changer au quotidien...

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Extraction d’une montagne d’ordinateurs

Au Nord comme au Sud, on sensibilise les enfants dès leur plus jeune âge aux problèmes environnementaux. Que ce soit l’économie d’énergie au Nord ou la sauvegarde des ressources au Sud, que ce soient des programmes gouvernementaux d’éducation scolaire ou l’expression sociale de la tradition, chaque individu a conscience que rien n’est infini sur notre planète. Pourtant, tous les occidentaux qui ont eu la chance de voyager dans un pays moins avancé ont été choqués devant des champs de sacs plastique qui s’étendent à perte de vue. Pourtant, tous les ressortissants d’un pays du Tiers Monde ont du mal à se remettre du gaspillage qu’ils observent dans les pays du Nord.

Ici encore, l’éducation est la seule arme contre les mauvaises habitudes souvent liées à la méconnaissance... Quand c’est possible ! Comment sensibiliser au réchauffement climatique et expliquer qu’un ordinateur en veille consomme énormément lorsque les directives de votre entreprise interdisent leur extinction afin de permettre les analyses antivirus de se lancer sur chaque poste la nuit ?

De nombreuses études paraissent pour une informatique verte, indiquant comment réutiliser et recycler, économiser du papier et des cartouches, éviter le gaspillage d’énergie et mieux choisir son ordinateur. Il est évident que dans les pays consommateurs d’ordinateurs de seconde main, les moyens d’action sont tout autres et doivent être définis localement. La priorité est malheureusement souvent ailleurs ; pourtant les conséquences à moyen terme peuvent s’avérer être désastreuses.

... et une politique globale à transformer en conscience citoyenne

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Téléphones portables

Chaque citoyen jette 14kg de déchets électroniques chaque année (dont 90% incinérés ou enterrés sans traitement). Depuis la convention de Bâle en 1989 et son amendement en 1996, les Etats signataires se sont interdit de déverser leur pollution à l’étranger, et notamment les pays moins avancés. Cependant, les Etats Unis ont refusé de signer cette convention et préfèrent exporter leurs e-dechets par container en Inde et en Chine que payer leur traitement sur site. En effet dans ces pays, la main d’oeuvre est très bon marché et les règles environnementales sont peu respectées, ce qui est illustré par un rapport du Basel Action Network (en) avec l’e-depotoir de Guiyu.

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Assis sur un tas d’ordinateurs

Heureusement, d’autres pays sont plus concernés et ont mis en place des appuis à la gestion des déchets ou un système d’étiquetage propre. Pour finir, la France produit plus 1,5 tonne de déchets électronique chaque année... mais ce n’est pas en jetant qu’on pollue le plus ! A Tokyo, l’université des Nations Unies a publié une étude indiquant les impacts de l’informatique sur l’environnement. Fabriquer un PC pesant 24 kg (écran compris) nécessite 240 kg de combustible fossile, 22 kg de produits chimiques divers et... 1,5 tonne d’eau !

Depuis plus de 30 ans, l’importance de cette problématique va de pair avec celle qu’on pris les technologies de l’information et la communication - pour ne citer qu’elles - dans notre vie. Mais la position des Etats-Unis en la matière n’ont toujours pas évolué (ils n’ont pas signé les accords de Kyoto lors du sommet du G8 cette année) alors que la problématique est bien au programme de la contre-offensive altermondialiste...

La politique environnementale de NTBF

Dans les mesures du possible, NTBF préfère acheter au Burkina le matériel informatique sur place à Ouagadougou. En effet, un écran d’occasion acheté à Ouaga coûtera moins cher qu’un écran donné en France à cause des frais d’expédition. Il en est de même pour un écran neuf ; la question se pose par contre dans le cas d’envoi d’écrans plats dans les bagages des bénévoles (transport gratuit, seuls les frais de douane doivent être réglés dans le cas d’un achat par NTBF France). Responsable formation

Lors de l’installation de la salle NTBF à Ouagadougou, ce sont des ordinateurs issus de dons d’organismes, d’entreprises ou de particuliers qui ont été expédiés. Ce type d’envoi nécessite toute une logistique :
- récupération du matériel chez le donateur
- vérification du matériel (il arrive qu’on nous donne des ordinateurs hors d’usage ou complètement périmés) et étiquetage correspondant aux composants principaux (processeur, capacité mémoire et disque dur, présence de graveur, système d’exploitation...) - nous composons souvent un seul ordinateur à partir de 2 ou 3 PC
- stockage du matériel : il n’est pas toujours évident de trouver des espaces de stockage gratuit aux alentours de Paris !
- mutualisation de l’expédition grâce à une plateforme logicielle d’interaction virtuelle telle que PLIF qui diffuse des appels à groupage et des informations sur la logistique
- transport du matériel depuis le lieu de stockage vers le lieu de départ de l’affreteur (Calais, Marseille...)

Etant donnés les efforts que l’expédition demande, autant en moyens qu’en ressources, NTBF France exige donc malgré ses faibles moyens un certain niveau de performances sur les ordinateurs expédiés. Ce niveau de performance est vu dans la globalité : en demandant au minimum des Pentium III, nous savons que l’ordinateur sera équipé au minimum d’une carte réseau, d’un lecteur CD-Rom, de ports USB (la clé USB remplace très avantageusement les disquettes très sensibles à la chaleur et la poussière)... et qu’il sera conforme aux normes d’économie d’énergie en vigueur quelques années auparavant en Europe.

Références

- Danger : l’informatique, ça pollue !
- Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie
- Photos de Basel Action Network