Le site lefaso.net nous informe que 180 enseignants burkinabè du primaire et du secondaire sont actuellement formés à l’utilisation des logiciels microscoft (word, excel, powerpoint, IE...) dans le cadre du programme Partners In Learning" (PIL) qui a démarré en 2003.
A lire sur le faso.net
Ce programme découle d’un partenariat entre le ministère de l’éducation et le groupe microsoft et devrait s’étendre jusqu’en 2009.
Alors que les journaux burkinabè (...)
Bonjour,
Je pense que ce programme PIL (la dénomination anglophone marque bien par la langue la différence avec les initiatives qui auraient pu être menées jusqu’alors et positionne les termes du partenariat) qui concerne 12 pays africains va habituer les enseignants formés et les démultiplicateurs à des outils et approches qui sont ceux de Microsoft. Il y aura donc une dépendance à la fois commerciale et technique qui est le propre des logiques « propriétaires ». Certains (je les connais :) retorqueront qu’il vaut mieux ça que rien du tout. Je ne voudrai pas généraliser mais au vu de ma petite expérience, je suis assez pessimiste sur le sujet. D’après moi, il est tres difficile de faire perdre aux gens leurs habitudes et de les faire passer sur d’autres plateformes, une fois que les réflexes sont pris.
Si Microsoft voulait vraiment construire une « action citoyenne » comme il est dit dans le papier de Sidwaya, il mettrait en place des formations à des produits génériques et non aux siens propres.
Dans le milieu de l’aide publique au développement, on appelle ça de l’aide conditionnelle et de nombreuses ONG se battent contre ces principes qui maintiennent les économies sous dépendances.
Quant à la création de contenu local, je demande à voir ...
Par ailleurs, en terme de contenu de formation, si l’on voulait vraiment améliorer l’organisation et les performances des ressources humaines employées dans les ministères (ce qui est une des finalités de ce PIL), je pense qu’il faudrait plutôt les aider à s’organiser et à mettre en oeuvre des logiques projets plutôt que de former à des outils complètement deconnectés des réalités.
Pour l’anecdote, j’ai vu des employés des bibliothèques co-gérées par Edukafaso se rendre à des formations Access (base de données) organisées à Ouaga sans qu’aucune application concrète en sorte, sans aucune homogeneisation des publics, sans identification des besoins ...
Pour suivre d’assez près le plan décennal de développement de l’éducation de base (PDDEB) et pour peu qu’on veuille bien nous donner des bribes d’info, nous savons que c’est sur ce point principal de la désorganisation et des manques de cohérence interne à l’administration qu’achoppent de nombreux projets de cooperation.
Si le gouvernement.bf l’avait souhaité, il y a longtemps, je pense, que des initiatives auraient pu voir le jour en matière de logiciels libres dans l’éducation burkinabè. Seulement il faut le vouloir. Il faut qu’il y ait impulsion volontariste. Je ne suis pas sur le terrain donc assez mal placé pour juger de tout cela cependant je rencontre pas mal de personnes investies dans ces domaines qui confortent cette vision.
Si l’on veut vraiment aider les enseignants je pense qu’on pourrait envisager avant tout d’alléger leurs effectifs et pour ceux qui auront les moyens de mettre en oeuvre les TIC dans leur établissement, les sensibiliser à l’apport possible de celles-ci par rapport à leur public.
Ca c’est un beau challenge qui pourrait être d’ailleurs mené en partie dans les ENEP (école des enseigants du primaire) et l’école normale de Koudougou.
La création de contenu local, tâche à laquelle NTBF consacre de l’énergie, est également à mon sens, une démarche de partenariat dans le vrai sens du terme et en français s’il vous plait.