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    Ouverture d’un débat : microsoft et l’éducation au Burkina
    publié le jeudi 21 avril 2005 par Emmanuel

    Note : les adresses email sont modifiées par un filtre antispam : le signe @ est remplacé par 3 caractères aléatoires, à supprimer et remplacer par @.
    Par exemple, remplacer contact ErT ntbf.net par contact@ntbf.net.

    Le site lefaso.net nous informe que 180 enseignants burkinabè du primaire et du secondaire sont actuellement formés à l’utilisation des logiciels microscoft (word, excel, powerpoint, IE...) dans le cadre du programme Partners In Learning" (PIL) qui a démarré en 2003.
    A lire sur le faso.net

    Ce programme découle d’un partenariat entre le ministère de l’éducation et le groupe microsoft et devrait s’étendre jusqu’en 2009.

    Alors que les journaux burkinabè semblent reprendre cette information de manière très neutre, les réactions sont plus vives dans le monde associatif. NTBF ouvre donc aujourd’hui le débat sur l’intérêt de ce partenariat.

    Précisons qu’au sein même de NTBF, les positions sont partagées sur cette alliance privé-public. Sans que les positions des uns et des autres soient particulièrement tranchées, certains y voient un piège qui, en permettant à Microsoft de développer son assise en Afrique, créera des habitudes d’utilisation des logiciels microsoft dont les enseignants auront du mal à se défaire à l’avenir.

    D’autres envisagent cette question de manière pragmatique en estimant qu’il est préférable d’obtenir quelque chose plutôt que rien du tout : le secteur public et la société civile n’ayant jusqu’à maintenant pas été capables d’apporter des compétences informatiques massives dans l’enseignement burkinabè, ils se doivent de laisser une place au privé si une entreprise peut apporter cette formation. Les compétences ainsi acquises pourront à l’avenir servir de pilier à un enseignement axé sur les logiciels libres si la société civile ou le secteur public se trouvent un jour en position d’assurer ces formations. en outre, l’ultra-pragmatisme conduit à constater que personne ne paye des licences office au Burkina Faso et que microsoft est ainsi systématiquement piraté.

    Le débat est donc ouvert : qu’en pensez vous ?
    La position anti-microsoft est-elle idéologique ?
    Le ministère de l’éducation aurait-il du refuser ces formations ?
    NTBF vous donne la parole, réagissez dans le forum associé à cet article.

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    Communiqué Microsoft / Burkina Faso -

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    > Ouverture d’un débat : microsoft et l’éducation au Burkina
    21 avril 2005, par Filou
    « Partners in learning »

    Bonjour,
    Je pense que ce programme PIL (la dénomination anglophone marque bien par la langue la différence avec les initiatives qui auraient pu être menées jusqu’alors et positionne les termes du partenariat) qui concerne 12 pays africains va habituer les enseignants formés et les démultiplicateurs à des outils et approches qui sont ceux de Microsoft. Il y aura donc une dépendance à la fois commerciale et technique qui est le propre des logiques « propriétaires ». Certains (je les connais :) retorqueront qu’il vaut mieux ça que rien du tout. Je ne voudrai pas généraliser mais au vu de ma petite expérience, je suis assez pessimiste sur le sujet. D’après moi, il est tres difficile de faire perdre aux gens leurs habitudes et de les faire passer sur d’autres plateformes, une fois que les réflexes sont pris.
    Si Microsoft voulait vraiment construire une « action citoyenne » comme il est dit dans le papier de Sidwaya, il mettrait en place des formations à des produits génériques et non aux siens propres.
    Dans le milieu de l’aide publique au développement, on appelle ça de l’aide conditionnelle et de nombreuses ONG se battent contre ces principes qui maintiennent les économies sous dépendances.
    Quant à la création de contenu local, je demande à voir ...

    Par ailleurs, en terme de contenu de formation, si l’on voulait vraiment améliorer l’organisation et les performances des ressources humaines employées dans les ministères (ce qui est une des finalités de ce PIL), je pense qu’il faudrait plutôt les aider à s’organiser et à mettre en oeuvre des logiques projets plutôt que de former à des outils complètement deconnectés des réalités.
    Pour l’anecdote, j’ai vu des employés des bibliothèques co-gérées par Edukafaso se rendre à des formations Access (base de données) organisées à Ouaga sans qu’aucune application concrète en sorte, sans aucune homogeneisation des publics, sans identification des besoins ...
    Pour suivre d’assez près le plan décennal de développement de l’éducation de base (PDDEB) et pour peu qu’on veuille bien nous donner des bribes d’info, nous savons que c’est sur ce point principal de la désorganisation et des manques de cohérence interne à l’administration qu’achoppent de nombreux projets de cooperation.
    Si le gouvernement.bf l’avait souhaité, il y a longtemps, je pense, que des initiatives auraient pu voir le jour en matière de logiciels libres dans l’éducation burkinabè. Seulement il faut le vouloir. Il faut qu’il y ait impulsion volontariste. Je ne suis pas sur le terrain donc assez mal placé pour juger de tout cela cependant je rencontre pas mal de personnes investies dans ces domaines qui confortent cette vision.
    Si l’on veut vraiment aider les enseignants je pense qu’on pourrait envisager avant tout d’alléger leurs effectifs et pour ceux qui auront les moyens de mettre en oeuvre les TIC dans leur établissement, les sensibiliser à l’apport possible de celles-ci par rapport à leur public.
    Ca c’est un beau challenge qui pourrait être d’ailleurs mené en partie dans les ENEP (école des enseigants du primaire) et l’école normale de Koudougou.
    La création de contenu local, tâche à laquelle NTBF consacre de l’énergie, est également à mon sens, une démarche de partenariat dans le vrai sens du terme et en français s’il vous plait.

    Pour info, une page sur les logiciels libres et l’éducation en France :
    http://tice.education.fr/educnet/Public/technique/libre

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    > Ouverture d’un débat : microsoft et l’éducation au Burkina
    8 mai 2005, par Charles Y.

    11 Messages de forum

    • Bonjour,
      Je pense que ce programme PIL (la dénomination anglophone marque bien par la langue la différence avec les initiatives qui auraient pu être menées jusqu’alors et positionne les termes du partenariat) qui concerne 12 pays africains va habituer les enseignants formés et les démultiplicateurs à des outils et approches qui sont ceux de Microsoft. Il y aura donc une dépendance à la fois commerciale et technique qui est le propre des logiques « propriétaires ». Certains (je les connais :) retorqueront qu’il vaut mieux ça que rien du tout. Je ne voudrai pas généraliser mais au vu de ma petite expérience, je suis assez pessimiste sur le sujet. D’après moi, il est tres difficile de faire perdre aux gens leurs habitudes et de les faire passer sur d’autres plateformes, une fois que les réflexes sont pris.
      Si Microsoft voulait vraiment construire une « action citoyenne » comme il est dit dans le papier de Sidwaya, il mettrait en place des formations à des produits génériques et non aux siens propres.
      Dans le milieu de l’aide publique au développement, on appelle ça de l’aide conditionnelle et de nombreuses ONG se battent contre ces principes qui maintiennent les économies sous dépendances.
      Quant à la création de contenu local, je demande à voir ...

      Par ailleurs, en terme de contenu de formation, si l’on voulait vraiment améliorer l’organisation et les performances des ressources humaines employées dans les ministères (ce qui est une des finalités de ce PIL), je pense qu’il faudrait plutôt les aider à s’organiser et à mettre en oeuvre des logiques projets plutôt que de former à des outils complètement deconnectés des réalités.
      Pour l’anecdote, j’ai vu des employés des bibliothèques co-gérées par Edukafaso se rendre à des formations Access (base de données) organisées à Ouaga sans qu’aucune application concrète en sorte, sans aucune homogeneisation des publics, sans identification des besoins ...
      Pour suivre d’assez près le plan décennal de développement de l’éducation de base (PDDEB) et pour peu qu’on veuille bien nous donner des bribes d’info, nous savons que c’est sur ce point principal de la désorganisation et des manques de cohérence interne à l’administration qu’achoppent de nombreux projets de cooperation.
      Si le gouvernement.bf l’avait souhaité, il y a longtemps, je pense, que des initiatives auraient pu voir le jour en matière de logiciels libres dans l’éducation burkinabè. Seulement il faut le vouloir. Il faut qu’il y ait impulsion volontariste. Je ne suis pas sur le terrain donc assez mal placé pour juger de tout cela cependant je rencontre pas mal de personnes investies dans ces domaines qui confortent cette vision.
      Si l’on veut vraiment aider les enseignants je pense qu’on pourrait envisager avant tout d’alléger leurs effectifs et pour ceux qui auront les moyens de mettre en oeuvre les TIC dans leur établissement, les sensibiliser à l’apport possible de celles-ci par rapport à leur public.
      Ca c’est un beau challenge qui pourrait être d’ailleurs mené en partie dans les ENEP (école des enseigants du primaire) et l’école normale de Koudougou.
      La création de contenu local, tâche à laquelle NTBF consacre de l’énergie, est également à mon sens, une démarche de partenariat dans le vrai sens du terme et en français s’il vous plait.

      Pour info, une page sur les logiciels libres et l’éducation en France :
      http://tice.education.fr/educnet/Public/technique/libre

      Voir en ligne : « Partners in learning »

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      • Bonjour,
        L’usage des logiciels libres doit se faire à mon avis de façon progressive. Déjà que les ntic ne sont assez développés dans notre pays et qu’il est un luxe de pouvoir « taper à l’ordinateur », il est souvent hasardeux de faire bloc derrière tel ou tel logiciel (libre ou propriétaire). Je pense que l’initiative de microsoft, même si elle a des relents commerciaux (somme toute normale pour une société qui vit de developement de logiciels. Remarquons par ailleurs que nos universités abritent des académies dites CISCO qui certifient de compétences en réseau) est bonne et permet une appropriation possible des ntics (tout court) pour la communauté des enseignants. M. X bien formé à des logiciels propriétaires va mener une certaine expérience de découvertes et de perfectionnement et découvrira certainement une jour qu’il existe des outils libres en lieu et place des outils propriétaires et que par dessus le marché (et cela fort de l’expérience acquise) fonctionnent presque de la même manière que les outils propriétaires. Remarquons et c’est important que la plupart d’entre nous est passé du propriétaire au libre et que ce passage s’est fait sans heurts majeurs (les plates-formes tendant à s’harmoniser). L’offre de formation aux ntics est quasiment nulle de nos jours et il faut accepter déjà de former nos populations d’abord, viendra un jour où notre niveau de formation et par suite de compétences permettra progressivement d’adopter des politiques plus élaborées en termes de coûts financiers de déploiements des ntics.
        J’ai souvent aussi l’impression que nous ne sommes souvent pas de bonne foi. J’ai eu à visiter quelques prestataires de services internet et j’ai remarqué que tous pratiquaient à peu près les mêmes coûts que ce soit ceux utilisant des outils libres que soumis à license (propriétaires).

        Répondre à ce message

    • Ce qui serait hyper-bien, ce serait d’avoir le sentiment d’enseignants burkinabè. Peut-être qu’Hamidou Cissé pourrait relayer le message à l’ENEP Bobo et NTBF en parler à ses partenaires à Ouaga . Les personnes peuvent bien tendu s’exprimer sous couvert d’anonymat si elle le souhaitent.

      Répondre à ce message

    • libre et pragmatique 21 avril 2005 21:56, par Bertil Willotte

      mon sentiment sera plutôt pragmatique : quelque soit l’effort (pour peu qu’il soit coordonné, bien entendu) il est appréciable. Ma préférence va depuis longtemps aux logiciels libres pour les raisons que l’on sait (sinon voir les sites spécialisés sur la question, par exemple www.april.org ), mais si « le monde du libre » n’est pas assez actif en Afrique et laisse la place aux autres, il ne peut pas le reprocher à ces autres ... donc, à nous d’en faire plus, que ce soit dans le politique, le technique ou la formation, pour le business ou l’associatif ...

      A titre d’exemple, on peut voir que le gouvernement sénégalais (où a lieu également l’opération PIL) vient de lancer son système gouvernemental en ligne, et qu’un certain nombre de sites ministériels sont réalisés avec le logiciel libre SPIP (comme ce site NTBF :o)
      - http://www.culture.gouv.sn
      - http://www.environnement.gouv.sn
      - http://www.adie.sn

      Autre exemple, le projet ADEN vise à implanter des cybercentres en Afrique dans des lieux enclavés numériquement : la plateforme type d’un centre ADEN est développée en partenariat avec Madrakesoft pour fonctionner intégralement sur des logiciels libres, et des formations sont prévues pour les formateurs et les gestionnaires de centre (le site du projet http://www.africaden.net est aussi sous SPIP)

      Développer du logiciel libre peut sembler difficile et techniquement inaccessible au commun des mortels : certes, mais chacun, s’il est convaincu, peut apporter sa pierre à l’édifice selon sa compétence (tout le monde n’est pas un technicien informatique, mais des compétences métier -comptabilité, mathématiques, langues ...- sont nécessaires aussi).

      Je reprends l’exemple de SPIP qui est un produit libre apprécié et efficace : il n’est pas bien difficile de produire une traduction de ce produit dans une nouvelle langue, pourvu qu’on soit capable de traduire des phrases du langage courant (par exemple du français vers le mossi, ou de l’anglais vers le fang ...). Certaines expressions techniques demandent éventuellement la collaboration d’experts : on peut en trouver, il y en a :o)
      Le projet ADEN a produit la traduction de SPIP en portugais, car il avait besoin de cette langue puisqu’il porte aussi sur des pays d’Afrique lusophone ; des versions de SPIP dans les langues africaines (existe actuellement le fongbé ; wolof et kirundi en cours) peuvent facilement être ajoutées

      Je finirai en ajoutant qu’il ne faut surtout pas croire que l’informatique libre est synonyme d’informatique bénévole : on ne développera le libre que si les développeurs peuvent en vivre ! Et je ne cesse de répéter qu’il est plus facile de vendre une solution à base de logiciels libres qu’à base de logiciels propriétaires, puisque les coûts du logiciel de base sont nettement plus faibles (voire inexistants), seuls sont facturés les prestations de développement spécifique ou paramétrage : tout le monde est gagnant, client et fournisseur (à condition d’être vraiment professionnel et de rendre les services attendus) !

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    • Bonjour et merci pour cette contribution Bertil

      Cela renvoie, à mon sens, sur la capacité de la société civile burkinabè et notamment les ONG à se structurer et à mutualiser les projets.
      J’ai tendance à penser qu’uni on peut faire beaucoup plus de choses. C’est le sens du PLIF ( www.plif.org ) qu’on met en oeuvre en ce moment au titre de NTBF.

      Il faut cependant, dans les LL comme ailleurs, une structure porteuse dont chacun reconnaisse la légitimité et la neutralité. Il y a tellement d’enjeux économiques, politiques, sociaux autour de l’appropriation des TIC et plus globalement des systèmes d’information...

      Quid de l’action et des moyens de l’ABULL (association burkinabè des utilisateurs de logiciels libres) http://abull.zcp.bf pour fédérer des développements ?

      Répondre à ce message

    • je fais partir des enseignants qui ont suivi la formation sur PIL.
      je parlerai de pragmatisme :
      au burkina les tic ont du mal a integrer le milieu scolaire surtout le milieu
      des enseignants.les difficultes rencontres sont : manque de machines , manque deformation, surtout la peur de certains enseignants face a cet outil (changement d habitude,travail supplementaire ).
      PIL etant une solution a l integration des TIC dans le milieu solaire, les
      enseignants gagneraient a profiter de cette formation.
      je pense qu au dela de l aspect stragegigue de microsoft, il va aider les
      enseignants a s approprier des TIC.
      je me dis si les enseignants sont devenus des habitues de cet outil, ils
      pourront developper eux memes des initiatives avec des logiciels libres.

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    • > Ouverture d’un débat : microsoft et l’éducation au Burkina 25 avril 2005 21:48, par ZONGO Dieudonné, enseignant au lycée professionnel de Bobo-Dioulasso

      Je pense que Microsoft fait oeuvre utile pour nos enseignants qui ont besoin d’apprendre des logiciels de traitement de texte, de tableur ou de présentation pour les aider à mener leurs activités pédagogiques. Maintenant que Microsoft utilise ses produits, peut il en être autrement ?
      Je voudrais dire qu’avant que Microsoft ne mène cette action, nos programmes ou référentiels d’enseignement sur l’utilisation des logiciels bureautiques dans les lycées techniques et professionnels et autres écoles privées supérieures sont basés les produits de Microsoft. La raison est que ce sont ces produits que les formateurs eux-mêmes maîtrisent le mieux. Cela rejoint ceux qui pensent que certainement Microsoft en développant son assise en Afrique, créera des habitudes d’utilisation des logiciels Microsoft dont les enseignants auront du mal à se défaire à l’avenir.
      Mais entre le mal et le moindre mal, il faut savoir faire un choix, connaître à tout prix ou pas connaître du tout et rester dans l’ignorance. C’est ce qu’il y a d’intérêt dans l’offre de Microsoft à prendre tout de suite ou pas. Mon avis est vraiment pragmatique, c’est savoir utiliser ces produits maintenant et la suite, chacun pourra faire des choix en fonction de ses moyens. Car l’utilisation des logiciels bureautiques est aujourd’hui une nécessité pour nos cadres de demain. Le choix le plus probant, c’est d’amener effectivement les gens vers les logiciels libres qui ne leur coûte rien en terme d’acquisition et d’utilisation. Mais qui va assurer le coût de leur formation à l’utilisation de ces logiciels libres ? Ne serait-ce que trouver les moyens matériels et humains pour assurer les formations et mettre les participants dans de bonnes conditions pour qu’ils puissent suivre correctement et de bout en bout ces apprentissages. Quant on sait qu’il y a des situations où la formation proposée est gratuite mais on se retrouve souvent sans aucun participant. Et parmi les raisons évoquées, il y a que les gens veulent bien se former mais ils n’ont pas les moyens de se prendre en charge pour participer assidûment à la formation. Ni l’Etat ni la société civile n’ont aujourd’hui les moyens suffisants pour assurer de tels investissements alors ça vaut le coût d’essayer avec les privés..
      Alors je dis si Microsoft mets les moyens pour que les participants soient bien formés à l’utilisation de ses produits, je leur tire mon chapeau et c’est déjà un pas de franchi. Un proverbe mossi nous enseigne que « la culotte d’aujourd’hui vaut mieux que le pantalon de demain ». Et mon souhait est que nos ministères des enseignements puissent à la suite de Microsoft signés ce genre de partenariat avec d’autres privés.

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    • Bonjour,

      Auteur de cet article, je m’autorise à réagir également en tant que participant au débat. Je fais partie des pragmatiques que j’évoquais dans mon exposé sur les positions des membres de NTBF. Je suis un ardent défenseur des logiciels libres et j’en promeut systématiquement l’utilisation lorsque l’occasion m’en est donnée. J’ai par exemple récemment réalisé des formations à GIMP et à SPIP dans le cadre d’une mission d’enseignement à l’Ecole d’Ingénieur Inter-Etat de l’Equipement Rural de Ouaga.
      Néanmoins, je refuse d’adopter une position purement idéologique. Je ne peux que constater que nous n’avons pas réussi à généraliser l’usage des logiciels libres et que nous n’arrivons pas à répondre à la demande croissante de formation aux outils informatiques. Nous ne pouvons pas refuser la main tendue de Microsoft même si elle implique de fortes arrières pensées commerciales.

      Si toutes les associations de la place s’engagent à assurer dans l’année des formations équivalentes à l’utilisation des logiciels libres, alors je serai 100% d’accord pour appuyer cette initiative et à la promouvoir en lieu et place de celle assurée par Microsoft.

      Je regrette dans cet esprit que le Ministère de l’éducation n’est pas consulté les partenaires associatifs spécialisés dans les NTIC comme NTBF, AJNTIC, ATDN, ToiMoiNous, Yam Pukri, Club arobase, Africacomputing, AEDEV, CSDPTT... avant de développer un partenariat avec Microsoft.

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    • On constate , avec cette intervention et aussi celle de Nongozama, que les enseignants sont proches des contraintes de terrain (coûts, formateurs, disponibilité ...) et assez loin des considérations « idéologiques » sur le débat libre/propriétaire ; cela semble bien normal pour des personnes exprimant des besoins qui tardent à venir ! La plupart d’entre eux se débrouillent, alors peu importe qui peut les aider à avancer, libre ou propriétaire, public ou privé.

      En outre, je voudrais insister sur le fait que ce sont les applications concrêtes des TIC qui sont utiles, et non pas leur origine. Quelque soit le système (libre ou propriétaire), quelque soit sa provenance (Nord/Sud, publique/privée ...), si on ne fait rien de valable avec, il va dépérir.

      Partant de ce constat, je suggère d’envisager la problématique soulevée à 2 niveaux au moins :
      - le niveau terrain : utilisateurs et applications concrêtes des TIC
      - le niveau décideurs : stratégie et politique de mise en oeuvre des TIC

      De même qu’une équipe de foot à besoin d’un entraineur/sélectionneur pour s’organiser, les joueurs ne pouvant pas à la fois courir derrière le ballon et voir comment articuler l’équipe, les utilisateurs de terrain des TIC ne sont pas en mesure d’organiser une politique en la matière. Je ne veux pas dire qu’ils n’ont pas leur mot à dire, bien au contraire (je milite dans le secteur depuis trop longtemps pour cela :o) , mais je veux dire que les décideurs doivent vraiment jouer leur rôle à fond : les politiques, les ONG, associations et acteurs de coopération, les professionnels publics ou privés. En ce sens, parmi d’autres, le rôle de l’ ABULL auquel Philippe fait référence est très important.

      Philippe a demandé le sentiment des enseignants, certains ont répondu ; il faudrait maintenant aussi avoir la vision de décideurs en matière de TIC au Burkina à ce propos ...

      Répondre à ce message

    • PIL en plus pour le Burkina 11 mai 2005 14:44, par Hamidou

      Tout d’abord pour répondre au souhait d’un sondage à l’ENEP de Bobo, je signale que la rentrée pour la formation théorique a lieu pratiquement que depuis ce mois d’Avril. Ce public qui, depuis deux ans rentre pour pratiquement un trimestre de travail intense n’a pas le temps d’utiliser la salle informatique qui lui est destinée. Surtout que les contenus des programmes ne les y incitent pas. Aménagements en vue.

      Mais à mon avis Microsoft ne copie que la stratégie obselete des firmes de tabac. Celles-ci ont fait la pluie et le beau temps comme le PIL le commence. Aujourd’hui, les cigaretiers doivent raser les murs, ne plus se garer n’importe même pas transporter n’importe qui. Enfin leur sponsor n’est plus accepté. C’est une stratégie commerciale qui prendra fin car l’efficacité et la pertinence c’est le libre. A moins de se convertir au libre.

      Quand on entre dans la pratique les logiciels libres on ne constate pas seulement qu’ils « marchent comme ceux de microsoft », mais mieux . Microsoft fait une affaire contre elle-même et pour les bénéficiaires de PIL que nous sommes.

      Surtout que Microsoft a un plus vaste programme qui suivra le PIL et qui équipera des établissement en PC et formera des personnels à la réseautique , à l’administration de systèmes. Il concurencerait les produits et/ou formations Cisco, Oracle et autres qui sont hors de prix. C’est sûr Microsoft met en place des techniques reinvestissables en LL.

      Nous n’avons pas le pouvoir d’achat des logiciels propriétaires que nous piratons comme cela a été souligné au lancement du présent débat. Et mieux maintenant la suite office de Microsoft damande une activation et limite le nombre d’installation. Je pense alors que Microsoft et surtout nous les usagers TIC des PMA avons 2 destinations bien distinctes.
      Si Microsoft se conteste en Suisse, en Chine pour le logiciel libre et que l’UE s’en prend à son Média player, c’est une raison pour tenter une délocalisation de monopole. C’est de bonne guerre.

      PIL et le PAS sont des contraintes et la dignité s’estompe quand le minimum vital manque. Pourquoi n’y at-il pas eu PIL au Nord. Dans les universités américaines le libre fait son chemin malgré la présence de Microsoft.

      Mais mon expérience des salles informatiques où les 2 systèmes sont sur les appareils me dit que les apprenants les utilisent sans faire de distinctions. Et je suis sûr que plus on avance en TIC et mieux le libre s’impose pour peu qu’on ait l’occasion de pratiquer les 2 systèmes.

      Je termine en souscrivant à l’appel de la mobilisation des acteurs des TICs pour surtout encourager les décideurs vers la bonne orientation, car comme le Sénégal au Burkina aussi des sites stratégiques y compris dans l’éducation sont dévéloppés en LL.

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    • Merci Hamidou pour votre contribution.
      Concernant le « partenariat » entre le gouvernement burkinabè et MS, il y a également quelque chose qui me choque que d’aucuns pourront considérer comme un détail...et ils auraient tort, à mon sens.
      Comme vous le savez, Ouagadougou a été le siège du dernier sommet de la Francophonie. Ne vous semble-t-il donc pas « surprenant » que les dispositifs installés par MS ont pour nom :

      - Partners in Learning (PiL)
      - Programme « Innovative Teachers »
      - Programmes « Young Developers et HelpDesk »
      - IT Academy

      (voir source en doc attaché à l’article)

      A mon sens, il s’agit d’une autre forme de colonisation...

      Pour revenir sur la formation proprement dite, je pense qu’il serait plus utile de délivrer des formations génériques (ttx, tableur, BDD...) en indiquant, lorsque nécessaire, les particularités de telle ou telle enseigne ...Après tout, le module TTX de OpenOffice et Word se ressemblent pas mal, non ?

      L’idée de développer du contenu burkinabè est tres présente chez NTBF ; c’est pourquoi, de notre coté et à notre modeste échelle nous privilégions des projets tels que la tropicalisation de logiciel éducatif , la volonté de mutualiser les initiatives des acteurs locaux , la promotion des langues nationales...tout en étant conscient parfois des risques de morcellisation que cela peut entraîner.

      Je voudrais profiter de l’occasion pour remercier tous les acteurs qui collaborent avec NTBF à Ouaga et en premier lieu ses formateurs bénévoles qui épatent tous les jours un peu plus les membres du bureau français de NTBF.

      La structure est certe fragile mais elle est mue par l’adhésion à un projet fort : celui de promouvoir un développement utile et respectueux.

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    > Ouverture d’un débat : microsoft et l’éducation au Burkina
    21 avril 2005, par Filou

    Ce qui serait hyper-bien, ce serait d’avoir le sentiment d’enseignants burkinabè. Peut-être qu’Hamidou Cissé pourrait relayer le message à l’ENEP Bobo et NTBF en parler à ses partenaires à Ouaga . Les personnes peuvent bien tendu s’exprimer sous couvert d’anonymat si elle le souhaitent.

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    libre et pragmatique
    21 avril 2005, par Bertil Willotte

    mon sentiment sera plutôt pragmatique : quelque soit l’effort (pour peu qu’il soit coordonné, bien entendu) il est appréciable. Ma préférence va depuis longtemps aux logiciels libres pour les raisons que l’on sait (sinon voir les sites spécialisés sur la question, par exemple www.april.org), mais si « le monde du libre » n’est pas assez actif en Afrique et laisse la place aux autres, il ne peut pas le reprocher à ces autres ... donc, à nous d’en faire plus, que ce soit dans le politique, le technique ou la formation, pour le business ou l’associatif ...

    A titre d’exemple, on peut voir que le gouvernement sénégalais (où a lieu également l’opération PIL) vient de lancer son système gouvernemental en ligne, et qu’un certain nombre de sites ministériels sont réalisés avec le logiciel libre SPIP (comme ce site NTBF :o)
    - http://www.culture.gouv.sn
    - http://www.environnement.gouv.sn
    - http://www.adie.sn

    Autre exemple, le projet ADEN vise à implanter des cybercentres en Afrique dans des lieux enclavés numériquement : la plateforme type d’un centre ADEN est développée en partenariat avec Madrakesoft pour fonctionner intégralement sur des logiciels libres, et des formations sont prévues pour les formateurs et les gestionnaires de centre (le site du projet http://www.africaden.net est aussi sous SPIP)

    Développer du logiciel libre peut sembler difficile et techniquement inaccessible au commun des mortels : certes, mais chacun, s’il est convaincu, peut apporter sa pierre à l’édifice selon sa compétence (tout le monde n’est pas un technicien informatique, mais des compétences métier -comptabilité, mathématiques, langues ...- sont nécessaires aussi).

    Je reprends l’exemple de SPIP qui est un produit libre apprécié et efficace : il n’est pas bien difficile de produire une traduction de ce produit dans une nouvelle langue, pourvu qu’on soit capable de traduire des phrases du langage courant (par exemple du français vers le mossi, ou de l’anglais vers le fang ...). Certaines expressions techniques demandent éventuellement la collaboration d’experts : on peut en trouver, il y en a :o)
    Le projet ADEN a produit la traduction de SPIP en portugais, car il avait besoin de cette langue puisqu’il porte aussi sur des pays d’Afrique lusophone ; des versions de SPIP dans les langues africaines (existe actuellement le fongbé ; wolof et kirundi en cours) peuvent facilement être ajoutées

    Je finirai en ajoutant qu’il ne faut surtout pas croire que l’informatique libre est synonyme d’informatique bénévole : on ne développera le libre que si les développeurs peuvent en vivre ! Et je ne cesse de répéter qu’il est plus facile de vendre une solution à base de logiciels libres qu’à base de logiciels propriétaires, puisque les coûts du logiciel de base sont nettement plus faibles (voire inexistants), seuls sont facturés les prestations de développement spécifique ou paramétrage : tout le monde est gagnant, client et fournisseur (à condition d’être vraiment professionnel et de rendre les services attendus) !

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    > Ouverture d’un débat : microsoft et l’éducation au Burkina
    22 avril 2005, par Philippe

    Bonjour et merci pour cette contribution Bertil

    Cela renvoie, à mon sens, sur la capacité de la société civile burkinabè et notamment les ONG à se structurer et à mutualiser les projets.
    J’ai tendance à penser qu’uni on peut faire beaucoup plus de choses. C’est le sens du PLIF (www.plif.org) qu’on met en oeuvre en ce moment au titre de NTBF.

    Il faut cependant, dans les LL comme ailleurs, une structure porteuse dont chacun reconnaisse la légitimité et la neutralité. Il y a tellement d’enjeux économiques, politiques, sociaux autour de l’appropriation des TIC et plus globalement des systèmes d’information...

    Quid de l’action et des moyens de l’ABULL (association burkinabè des utilisateurs de logiciels libres) http://abull.zcp.bf pour fédérer des développements ?

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    > Ouverture d’un débat : microsoft et l’éducation au Burkina
    22 avril 2005, par nongozama

    je fais partir des enseignants qui ont suivi la formation sur PIL.
    je parlerai de pragmatisme :
    au burkina les tic ont du mal a integrer le milieu scolaire surtout le milieu
    des enseignants.les difficultes rencontres sont : manque de machines , manque deformation, surtout la peur de certains enseignants face a cet outil (changement d habitude,travail supplementaire ).
    PIL etant une solution a l integration des TIC dans le milieu solaire, les
    enseignants gagneraient a profiter de cette formation.
    je pense qu au dela de l aspect stragegigue de microsoft, il va aider les
    enseignants a s approprier des TIC.
    je me dis si les enseignants sont devenus des habitues de cet outil, ils
    pourront developper eux memes des initiatives avec des logiciels libres.

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    > Ouverture d’un débat : microsoft et l’éducation au Burkina
    25 avril 2005, par ZONGO Dieudonné, enseignant au lycée professionnel de Bobo-Dioulasso

    Je pense que Microsoft fait oeuvre utile pour nos enseignants qui ont besoin d’apprendre des logiciels de traitement de texte, de tableur ou de présentation pour les aider à mener leurs activités pédagogiques. Maintenant que Microsoft utilise ses produits, peut il en être autrement ?
    Je voudrais dire qu’avant que Microsoft ne mène cette action, nos programmes ou référentiels d’enseignement sur l’utilisation des logiciels bureautiques dans les lycées techniques et professionnels et autres écoles privées supérieures sont basés les produits de Microsoft. La raison est que ce sont ces produits que les formateurs eux-mêmes maîtrisent le mieux. Cela rejoint ceux qui pensent que certainement Microsoft en développant son assise en Afrique, créera des habitudes d’utilisation des logiciels Microsoft dont les enseignants auront du mal à se défaire à l’avenir.
    Mais entre le mal et le moindre mal, il faut savoir faire un choix, connaître à tout prix ou pas connaître du tout et rester dans l’ignorance. C’est ce qu’il y a d’intérêt dans l’offre de Microsoft à prendre tout de suite ou pas. Mon avis est vraiment pragmatique, c’est savoir utiliser ces produits maintenant et la suite, chacun pourra faire des choix en fonction de ses moyens. Car l’utilisation des logiciels bureautiques est aujourd’hui une nécessité pour nos cadres de demain. Le choix le plus probant, c’est d’amener effectivement les gens vers les logiciels libres qui ne leur coûte rien en terme d’acquisition et d’utilisation. Mais qui va assurer le coût de leur formation à l’utilisation de ces logiciels libres ? Ne serait-ce que trouver les moyens matériels et humains pour assurer les formations et mettre les participants dans de bonnes conditions pour qu’ils puissent suivre correctement et de bout en bout ces apprentissages. Quant on sait qu’il y a des situations où la formation proposée est gratuite mais on se retrouve souvent sans aucun participant. Et parmi les raisons évoquées, il y a que les gens veulent bien se former mais ils n’ont pas les moyens de se prendre en charge pour participer assidûment à la formation. Ni l’Etat ni la société civile n’ont aujourd’hui les moyens suffisants pour assurer de tels investissements alors ça vaut le coût d’essayer avec les privés..
    Alors je dis si Microsoft mets les moyens pour que les participants soient bien formés à l’utilisation de ses produits, je leur tire mon chapeau et c’est déjà un pas de franchi. Un proverbe mossi nous enseigne que « la culotte d’aujourd’hui vaut mieux que le pantalon de demain ». Et mon souhait est que nos ministères des enseignements puissent à la suite de Microsoft signés ce genre de partenariat avec d’autres privés.

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    > Ouverture d’un débat : microsoft et l’éducation au Burkina
    27 avril 2005, par Emmanuel

    Bonjour,

    Auteur de cet article, je m’autorise à réagir également en tant que participant au débat. Je fais partie des pragmatiques que j’évoquais dans mon exposé sur les positions des membres de NTBF. Je suis un ardent défenseur des logiciels libres et j’en promeut systématiquement l’utilisation lorsque l’occasion m’en est donnée. J’ai par exemple récemment réalisé des formations à GIMP et à SPIP dans le cadre d’une mission d’enseignement à l’Ecole d’Ingénieur Inter-Etat de l’Equipement Rural de Ouaga.
    Néanmoins, je refuse d’adopter une position purement idéologique. Je ne peux que constater que nous n’avons pas réussi à généraliser l’usage des logiciels libres et que nous n’arrivons pas à répondre à la demande croissante de formation aux outils informatiques. Nous ne pouvons pas refuser la main tendue de Microsoft même si elle implique de fortes arrières pensées commerciales.

    Si toutes les associations de la place s’engagent à assurer dans l’année des formations équivalentes à l’utilisation des logiciels libres, alors je serai 100% d’accord pour appuyer cette initiative et à la promouvoir en lieu et place de celle assurée par Microsoft.

    Je regrette dans cet esprit que le Ministère de l’éducation n’est pas consulté les partenaires associatifs spécialisés dans les NTIC comme NTBF, AJNTIC, ATDN, ToiMoiNous, Yam Pukri, Club arobase, Africacomputing, AEDEV, CSDPTT... avant de développer un partenariat avec Microsoft.

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    > Ouverture d’un débat : microsoft et l’éducation au Burkina
    27 avril 2005, par Bertil Willotte

    On constate , avec cette intervention et aussi celle de Nongozama, que les enseignants sont proches des contraintes de terrain (coûts, formateurs, disponibilité ...) et assez loin des considérations « idéologiques » sur le débat libre/propriétaire ; cela semble bien normal pour des personnes exprimant des besoins qui tardent à venir ! La plupart d’entre eux se débrouillent, alors peu importe qui peut les aider à avancer, libre ou propriétaire, public ou privé.

    En outre, je voudrais insister sur le fait que ce sont les applications concrêtes des TIC qui sont utiles, et non pas leur origine. Quelque soit le système (libre ou propriétaire), quelque soit sa provenance (Nord/Sud, publique/privée ...), si on ne fait rien de valable avec, il va dépérir.

    Partant de ce constat, je suggère d’envisager la problématique soulevée à 2 niveaux au moins :
    - le niveau terrain : utilisateurs et applications concrêtes des TIC
    - le niveau décideurs : stratégie et politique de mise en oeuvre des TIC

    De même qu’une équipe de foot à besoin d’un entraineur/sélectionneur pour s’organiser, les joueurs ne pouvant pas à la fois courir derrière le ballon et voir comment articuler l’équipe, les utilisateurs de terrain des TIC ne sont pas en mesure d’organiser une politique en la matière. Je ne veux pas dire qu’ils n’ont pas leur mot à dire, bien au contraire (je milite dans le secteur depuis trop longtemps pour cela :o) , mais je veux dire que les décideurs doivent vraiment jouer leur rôle à fond : les politiques, les ONG, associations et acteurs de coopération, les professionnels publics ou privés. En ce sens, parmi d’autres, le rôle de l’ABULL auquel Philippe fait référence est très important.

    Philippe a demandé le sentiment des enseignants, certains ont répondu ; il faudrait maintenant aussi avoir la vision de décideurs en matière de TIC au Burkina à ce propos ...

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    PIL en plus pour le Burkina
    11 mai 2005, par Hamidou

    Tout d’abord pour répondre au souhait d’un sondage à l’ENEP de Bobo, je signale que la rentrée pour la formation théorique a lieu pratiquement que depuis ce mois d’Avril. Ce public qui, depuis deux ans rentre pour pratiquement un trimestre de travail intense n’a pas le temps d’utiliser la salle informatique qui lui est destinée. Surtout que les contenus des programmes ne les y incitent pas. Aménagements en vue.

    Mais à mon avis Microsoft ne copie que la stratégie obselete des firmes de tabac. Celles-ci ont fait la pluie et le beau temps comme le PIL le commence. Aujourd’hui, les cigaretiers doivent raser les murs, ne plus se garer n’importe même pas transporter n’importe qui. Enfin leur sponsor n’est plus accepté. C’est une stratégie commerciale qui prendra fin car l’efficacité et la pertinence c’est le libre. A moins de se convertir au libre.

    Quand on entre dans la pratique les logiciels libres on ne constate pas seulement qu’ils « marchent comme ceux de microsoft », mais mieux . Microsoft fait une affaire contre elle-même et pour les bénéficiaires de PIL que nous sommes.

    Surtout que Microsoft a un plus vaste programme qui suivra le PIL et qui équipera des établissement en PC et formera des personnels à la réseautique , à l’administration de systèmes. Il concurencerait les produits et/ou formations Cisco, Oracle et autres qui sont hors de prix. C’est sûr Microsoft met en place des techniques reinvestissables en LL.

    Nous n’avons pas le pouvoir d’achat des logiciels propriétaires que nous piratons comme cela a été souligné au lancement du présent débat. Et mieux maintenant la suite office de Microsoft damande une activation et limite le nombre d’installation. Je pense alors que Microsoft et surtout nous les usagers TIC des PMA avons 2 destinations bien distinctes.
    Si Microsoft se conteste en Suisse, en Chine pour le logiciel libre et que l’UE s’en prend à son Média player, c’est une raison pour tenter une délocalisation de monopole. C’est de bonne guerre.

    PIL et le PAS sont des contraintes et la dignité s’estompe quand le minimum vital manque. Pourquoi n’y at-il pas eu PIL au Nord. Dans les universités américaines le libre fait son chemin malgré la présence de Microsoft.

    Mais mon expérience des salles informatiques où les 2 systèmes sont sur les appareils me dit que les apprenants les utilisent sans faire de distinctions. Et je suis sûr que plus on avance en TIC et mieux le libre s’impose pour peu qu’on ait l’occasion de pratiquer les 2 systèmes.

    Je termine en souscrivant à l’appel de la mobilisation des acteurs des TICs pour surtout encourager les décideurs vers la bonne orientation, car comme le Sénégal au Burkina aussi des sites stratégiques y compris dans l’éducation sont dévéloppés en LL.

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    > Ouverture d’un débat : microsoft et l’éducation au Burkina
    14 mai 2005, par Philippe

    Merci Hamidou pour votre contribution.
    Concernant le « partenariat » entre le gouvernement burkinabè et MS, il y a également quelque chose qui me choque que d’aucuns pourront considérer comme un détail...et ils auraient tort, à mon sens.
    Comme vous le savez, Ouagadougou a été le siège du dernier sommet de la Francophonie. Ne vous semble-t-il donc pas « surprenant » que les dispositifs installés par MS ont pour nom :

    - Partners in Learning (PiL)
    - Programme « Innovative Teachers »
    - Programmes « Young Developers et HelpDesk »
    - IT Academy

    (voir source en doc attaché à l’article)

    A mon sens, il s’agit d’une autre forme de colonisation...

    Pour revenir sur la formation proprement dite, je pense qu’il serait plus utile de délivrer des formations génériques (ttx, tableur, BDD...) en indiquant, lorsque nécessaire, les particularités de telle ou telle enseigne ...Après tout, le module TTX de OpenOffice et Word se ressemblent pas mal, non ?

    L’idée de développer du contenu burkinabè est tres présente chez NTBF ; c’est pourquoi, de notre coté et à notre modeste échelle nous privilégions des projets tels que la tropicalisation de logiciel éducatif, la volonté de mutualiser les initiatives des acteurs locaux, la promotion des langues nationales...tout en étant conscient parfois des risques de morcellisation que cela peut entraîner.

    Je voudrais profiter de l’occasion pour remercier tous les acteurs qui collaborent avec NTBF à Ouaga et en premier lieu ses formateurs bénévoles qui épatent tous les jours un peu plus les membres du bureau français de NTBF.

    La structure est certe fragile mais elle est mue par l’adhésion à un projet fort : celui de promouvoir un développement utile et respectueux.

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